Aller jeter un oeil sur les tweets de Cyprien Luraghi en
vaut souvent la peine, mais en ce moment, il n’y a quasiment rien.
L’individu doit être trop occupé à comploter et se contente actuellement
d’alimenter son compte Twitter en retwittant ce qu’il peut trouver ici
ou là pour se faire bien voir de ses soutiens… lesquels menacent de lui
faire défaut d’un jour à l’autre… En effet, il n’est vraiment pas à
l’abri de mésaventures semblables à celles que connaît depuis quelques
temps le prince Andrew – tout comme lui né sous le signe du verseau,
prédisposant aux revers de fortune et changements de situation brutaux
(voir aussi Ophélie Winter et ses récents déboires).
J’ai donc suivi les recommandations de Twitter me proposant toute une
liste de personnes que je pourrais « aimer » au moins autant, parmi
lesquelles on reconnaît un certain nombre de « déconnologues », et ai
fait avec l’une d’elles une trouvaille intéressante que je vous livre
ci-dessous en vous indiquant comme y accéder vous-même :
Citoyen éclairé, bipède sans plumes, pamphlétaire républicain.
Tanaïs
@ZERBIBEric
Agrégé en mathématiques J’
ma femme,la Thaïlande, la musique, le cinéma, la peinture,mes chats et les restos. Follow me I follow back
A-Lix
@Alix_Mana
AJ au parquet. Objectif #ENM2020. Diplômée du M2 Communication juridique et sociologie du droit et de la justice de Paris 2.
Lux Editeur
@luxediteur
Éditeur de livres qui cultivent l’indépendance d’esprit.
Montréal || Berger || Chomsky || Deneault || Klein || Galeano || Nadeau
|| Walsh || Zinn ||
Molly Godfrey
@MollyGodfrey777
I wish people could stop clinging so desperately to their inaccurate perceptions.
serge jeanson
@SergeJawadghali
Ecolo-végé…… Philo-socio-éco-anthropo-paléo et
politique….. Génération.s Pastafari. « La Terre est un jardin bordé de
nuit » Th Monod
Rococo
@Fillaoucene
Cela ne nous regarde pas !
Behind the Green Curtain
@BehindtheGreen2
Official .#BehindTheGreenCurtain. This is my hashtag. It represents all of us who live under cannabis prohibition. Join our fight. No Solicitation Please
Ce compte très peu actif dont l’auteur indique être « Différent par
Nature » n’a que 5 abonnements et 8 abonnés, ceux-ci – encore des
« déconnologues » bien connus pour 5 d’entre eux :
@koyaobay
Abonnés
Rigobert le Rhino
@Rigobert_Rhino
Éructérope.
Qu’ils crèvent
@QuilsCrevent
Enculeur de sergent
Steve Wilhelm
@S_Wilhelm13
DENIS WISSLER
@DENISWISSLER1
Krisz Térik
@krisz_terik
Crétin des Alpes
Mésozoïque
@SuperDesabused
Miss Derkins
@_D_E_F_I
Zone Grise
Thailand TravelGuide
@thailandbethere
Travel to Thailand, Phuket, Bangkok, Pattaya, Koh Samui, Krabi, Chiang Mai, Chiang Rai, Sukhothai, Koh Chang, and more…….
L’on constate enfin que son auteur, qui s’est inscrit sur Twitter au
mois de décembre 2017, au plus tard à la date du 19 décembre 2017, n’a
quasiment participé qu’à cette unique discussion du 23 février 2018 :
On y reconnaît naturellement le financier de toute la procédure de
Pascal Edouard Cyprien Luraghi contre moi à Paris, à savoir « Rigobert
le Rhino », et une date qui interpelle, puisque nous préparions alors
l’audience du 5 mars 2018 devant la Cour d’Appel de Paris et que leur
avocat avait signifié ses conclusions en date du 19 février 2018, à la
veille de la clôture fixée au 20 février 2018 le 7 novembre 2017, date
où avait été initialement fixée cette clôture, la Cour ayant alors reçu
favorablement une demande de report de sa part – car tout comme en
première instance, c’est toujours lui qui demandait des reports en
appel…
Le 23 février 2018, toute la bande de « déconnologues » lisait donc –
toujours frauduleusement – tous mes échanges de courriers électroniques
avec mon avocat en vue de répondre à ces conclusions pour l’audience
toute proche du 5 mars 2018.
Alors, c’est qui la cruche ? Moi ? Vraiment ?
Ou le Romain que Cyprien Luraghi disait traiter par « baffothérapie » au mois de décembre 2016 ?
L’affaire du chirurgien pédophile Joël Le Scouarnec fait
beaucoup de bruit depuis cet été, et tellement depuis l’annonce lundi
qu’après vérifications par les gendarmes chargés de l’enquête, les actes
pédophiles rapportés dans ses carnets intimes par le médecin s’avèrent
bien réels, que même le site pro-pédophile 20minutes.fr a dû se fendre
d’un article à ce sujet :
Après l’émoi suscité par cette affaire dans le Finistère où le
pédophile a exercé et bien fait des victimes, à Quimperlé, notamment
sous la direction d’Etienne Morel, ancien directeur de l’hôpital
psychiatrique de Bohars et du Centre René Fortin se trouvant dans la
même enceinte hospitalière du CHU de Brest, plusieurs médias se sont mis
à révéler à leurs publics respectifs d’autres faits graves impliquant
des médecins hospitaliers de ce département.
Il s’agit de ces deux affaires concernant l’hôpital de Morlaix, où
apparaissent déjà de grosses embûches pour les victimes désireuses de se
faire entendre ou de savoir ce qui leur est tombé dessus :
Cet hôpital pourtant de très funeste réputation était pour la toute première fois publiquement mis en cause.
Et aujourd’hui, Le Télégramme publie l’article suivant, concernant le
procès qui a finalement été organisé par le Tribunal de Grande Instance
de Brest pour demain, jeudi 21 novembre 2019, à la suite du décès de
Timothé par la faute d’un médecin au mois d’octobre 2011 (voir
ci-dessous).
Il semblerait qu’un tabou soit en train de tomber à la suite de
l’affaire du chirurgien Joël Le Scouarnec, qui apparaît d’ores et déjà
comme l’une des plus importantes affaires de pédophilie française et
n’en serait encore qu’à ses débuts selon l’avocate de plusieurs victimes
(voir ci-dessous) : 250 victimes pour un seul homme, c’est déjà
beaucoup, et cette fois-ci la justice ne passera pas outre; de plus,
elle pourrait bien dans la foulée ou sous une pression médiatique
nouvelle s’intéresser à d’autres cas de médecins fautifs qui jusque-là
avaient toujours bénéficié d’une impunité totale.
Une expertise psychologique décrit précisément le chirurgien
pédophile Joël Le Scouarnec comme un être à l’intelligence supérieure et
à la personnalité « perverse », « habité par un sentiment d’impunité et
de toute-puissance ». « Il ne reconnaît pas l’autre comme un sujet mais
comme un objet sur lequel il cherche à avoir une emprise », assène
l’expert.
Cette perversion narcissique est malheureusement assez fréquente chez
les médecins, surtout en milieu hospitalier, et quasi systématique en
psychiatrie.
Elle est très largement entretenue par leur notabilité et l’impunité totale qui en découle encore bien trop souvent.
Yohann et Dominique Roudaut se battent depuis huit ans pour la mémoire de Timothé.
L’abnégation de Yohann et Dominique Roudaut obtient une première
récompense. Huit ans après le décès de leur fils Timothé (20 mois), le
tribunal correctionnel de Brest jugera, ce jeudi, le médecin d’astreinte
à Ty Yann, la nuit du drame, pour non-assistance à personne en péril.
« Timothé n’est pas mort de sa maladie (de Hirschprung, qui
paralysait son système digestif, NDLR). Notre fils est décédé des suites
d’une septicémie. Par la négligence d’un médecin. Pas par la faute de
ses parents qui ont confié leur enfant à Ty Yann. C’est ce que nous
espérons entendre jeudi au tribunal correctionnel ».
Cette audience, Yohann et Dominique Roudaut l’attendent depuis huit
ans. Depuis le décès de Timothé, 20 mois, en octobre 2011. Huit années à
ne pas écouter ceux qui leur conseillaient d’abandonner une procédure
visant « à amener un médecin à répondre de sa responsabilité ».
Trois appels téléphoniques
Le couple landernéen n’a pas davantage baissé les bras lorsque, trois
ans après le drame, la justice sanctionnait d’un non-lieu leur plainte
pour homicide involontaire. Les parents l’ont requalifiée en
« non-assistance à personne en péril ».
Cette fois-ci, la Justice a donné suite. Ce jeudi, le tribunal
cherchera à savoir pourquoi le médecin pédiatre libérale d’astreinte,
cette nuit-là, à la maison de repos pédiatrique Ty Yann (aujourd’hui
fondation Ildys), n’a pas estimé indispensable de se déplacer au chevet
de l’enfant suite à trois appels.
« Il lui fallait des antibiotiques »
« Le protocole était connu. Nous l’avions communiqué à l’équipe
médicale de Ty Yann. Au-delà de 38,2 ° de température, il fallait lui
administrer des antibiotiques. Il est monté jusqu’à 40,2 °. Le médecin
d’astreinte n’est venu qu’à 9 h, le lendemain. Trop tard ». Timothé
s’est éteint en soirée à l’hôpital Morvan.
La triste nouvelle a accablé le formidable réseau de soutien formé à
Landerneau pour apporter du réconfort et des ressources financières au
couple.
Dominique et Yohan avaient médicalement aménagé une pièce de leur
maison et appris les techniques de soin pour garder Timothé à domicile
et vivre comme n’importe quelle famille.
Cette attention de chaque instant se transformait en lueurs : « Le
médecin spécialiste qui suivait Timothé nous avait même confié l’espoir
de pouvoir enlever son cathéter un an et demi plus tard ». Le couple
landernéen s’était légitimement autorisé à souffler, en confiant Timothé
à l’institut Ty Yann pendant quinze jours : « Il y avait déjà séjourné
pendant une nuit. Cela s’était très bien passé. Chaque jour, un membre
de la famille ou un ami passait le voir. Sauf ce dimanche… Pourquoi ne
pas avoir appelé le SAMU ? Ou nous avoir appelé, nous ? Un coup de fil
et on déclenchait la prise en charge. Timothé serait encore en vie »,
restent persuadés ses parents.
Nous avons joint la prévenue et son avocate. Ni l’une ni l’autre n’a souhaité s’exprimer avant l’audience.
Publié le 01 septembre 2010 Depuis le 7 août, Timothé vit avec toute la famille. Ses parents ont été formés pour lui prodiguer ses soins. Photo Y. C.
Âgé de six mois, Timothé est né à Landerneau(29) avec
une paralysie de l’intestin. À la maison, ses parents, Yohann et
Dominique, ont tout fait pour rendre possible une hospitalisation à
domicile.
On l’appelle la maladie de Hirschsprung.
Un mot barbare pour désigner un mal qui l’est tout autant. Une graphie
impossible comme un signe annonciateur de la souffrance à venir. Branché
14h sur 24 h Pour faire court, on pourrait juste dire que l’intestin de
Timothé ne fonctionne pas. Pourtant, si l’on voulait témoigner plus
justement de la réalité vécue dans sa chair par ce bébé, il faudrait en
dire plus. Dire les cinq mois d’hôpital sur les six d’une existence à
peine entamée et pourtant déjà si tourmentée. Prononcer ces termes
médicaux comme autant d’interventionschirurgicales subies par Timothé:
colectomie (ablation du colon), iléostomie (pose d’un anus artificiel).
Parler enfin de ce cathéter directement relié à la veine cave du coeur
et qui alimente l’enfant. Un dispositif nécessaire (branché 14h sur 24
h), l’intestin amputé du bébé étant désormais trop court pour assimiler
la nourriture ingérée. Timothé est donc atteint d’une maladie génétique
rare, dans sa forme la plus grave, indécelable lors des examens
prénatals. Elle a été découverte deux jours après sa naissance.
Pessimiste, le corps médical prépare alors la famille au pire. Retour du
miraculé Mais au bout de cinq mois, l’espoir renaît. Le retour à la
maison est envisagé. Inespéré pour notre petit miraculé. Le 7août, c’est
le grand jour. Laura, âgée de 10ans, et Melvyn, âgé de 4 ans et demi,
accueillent leur petit frère à la maison. De leur côté, les parents se
sont formés pour lui prodiguer les soins. La famille a déménagé et
Dominique a lâché son boulot. Dans la nouvelle maison, une pièce a été
transformée en salle de soins. Épée de Damoclès «Timothé n’est pas sorti
d’affaire. Nous avons toujours une épée de Damoclès au-dessus de la
tête. À chaque manipulation, on doit veiller à ce qu’il n’y ait pas de
microbe et éviter tout risque de septicémie ou d’infection. On n’a pas
le droit à l’erreur. Tout est stérile, les gestes sont rigoureux»,
explique Dominique. Les examens se poursuivent et déjà trois autres
interventions chirurgicales sont programmées dans un proche futur. Mais
si l’enfant souffre de troubles moteurs et de problèmes à l’oeil droit,
c’est qu’il est aussi atteint de la monosomie partielle du chromosome
13. Une deuxième pathologie – peut-être liée à la première- qui laisse
des questions en suspens. Dont la plus importante: quelle est
l’espérance de vie de Timothé? Sept ans pour grandir Pour mobiliser des
soutiens, Dominique et Yohann ont créé «L’association Timothé, 7 ans
pour une vie». Sept ans, le temps qu’il faudra à l’intestin du bébé pour
grandir suffisamment et assimiler normalement les aliments. Timothé
pourra alors peut-être se passer du cathéter. En attendant, le couple,
qui déplore l’absence de prise en charge globale de l’hospitalisation à
domicile, raconte sa nouvelle vie sur son blog.Pratique
Associationtimothe.over-blog.com
La douleur reste immense mais les parents du petit Timothé, décédé
en octobre, vont faire vivre sa mémoire. «Timothé et compagnie»
soutiendra l’hospitalisation à domicile d’enfants souffrant d’un système
digestif déficient.
Il aurait soufflé sa deuxième bougie le 23 février. Timothé souffrait
de la maladie génétique rare de Hirschprung. À peine né, il a dû subir
des ablations d’organes et autres interventions chirurgicales destinées à
compenser la paralysie de son système digestif. Le suivi médical est
éprouvant. Dominique et Yohann Roudaut, ses parents, ont appris les
gestes techniques.
Élan de solidarité
Dans la chambre du nourrisson, une table médicale côtoie le lit.
Timothé reste chez lui. Dominique cesse son activité professionnelle
pour l’accompagner chaque jour de longues heures durant. L’histoire
émeut à Landerneau. Une association se crée pour aider les parents à
subvenir aux dépenses des soins (150 EUR hebdomadaire de reste à charge,
sans parler des allers-retours réguliers entre le domicile landernéen
et l’hôpital parisien). Au-delà de l’aspect financier, «Timothé, sept
ans pour une vie» engendre un formidable élan de solidarité. Des
restaurateurs du centre-ville organisent une tombola à son profit. Le
peintre Christian Mazéas fait don d’une oeuvre en guise de premier lot.
Toujours pour Timothé, Merzhin remplit le Family lors d’un après-midi
festif. On peut encore citer la Corrida, l’an dernier, qui a reversé une
partie de sa recette. En octobre dernier, aux obsèques de Timothé, les
proches, les amis et une foule d’anonymes apportent fleurs et
témoignages de sympathie à ses parents, son grand frère et sa grande
soeur. «Timothé a touché beaucoup de gens pendant sa courte vie. C’est
pour sa mémoire, déjà, que l’association continue d’exister». Ça lui
tient à coeur: Dominique Roudaut reste présidente d’une association
rebaptisée «Timothé et compagnie».
Enfant sous nutrition artificielle
Son but? «Venir en aide aux familles dont un enfant souffre de toute
maladie impliquant un dysfonctionnement digestif et qui ont fait le
choix d’une hospitalisation à domicile. Des enfants sous nutrition
artificielle. Comme Timothé». À force de fréquenter les services
hospitaliers spécialisés, la famille Roudaut a établi des contacts dans
toute la France. L’association ciblera une famille par an: «Mieux vaut
concentrer l’aide. Les besoins sont tellement importants pour un seul
foyer». Un vide-greniers, le 8 avril, à Saint-Ernel, et un Tim Musique 2
(date à définir) permettront d’engranger des bénéfices. De poursuivre
un combat, de continuer la solidarité, de ne pas oublier un petit
bonhomme. Contacts associationtimothe@laposte. net associationtimothe.over-blog.com
L’effroyable parcours de Joël Le Scouarnec, chirurgien pédophile aux plus de 250 victimes potentielles
Cet ancien chirurgien est soupçonné d’avoir abusé plus de 250
enfants au cours de sa carrière. Un parcours criminel que les enquêteurs
retracent à l’aide de ses carnets intimes.
Le médecin de 68 ans est incarcéré à la maison d’arrêt de Saintes. IP-3/Olivier Marty
Par Vincent Gautronneau et Jérémie Pham-Lê
Le 18 novembre 2019 à 21h45, modifié le 19 novembre 2019 à 12h45
Pendant des années, Joël Le Scouarnec
s’est astreint au même rituel : consigner par écrit les sévices sexuels
qu’il infligeait à ses jeunes patients dans une sorte de journal intime
de la monstruosité. Avec un vocabulaire mi-médical mi-enfantin,
l’honorable chirurgien de Jonzac (Charente-Maritime) y décrivait comment
« il a tripoté le clitoris » de telle petite fille, « léché la
chounette (sic) » de telle autre. Le titre de ces deux carnets
numériques? « Vulvette » et « Quéquette ». Lorsqu’ils analysent
l’ordinateur du sexagénaire, interpellé simplement pour exhibition
sexuelle en mai 2017, les enquêteurs n’imaginent pas ouvrir la boîte de
Pandore…
Deux ans et demi plus tard, le médecin de 68 ans est incarcéré à la
maison d’arrêt de Saintes. Mis en examen, il sera jugé courant 2020 pour
des viols et agressions sexuelles commises sur quatre fillettes. Des
faits qu’il a avoués partiellement lors de sa première garde à vue. Mais
l’exploitation de ses écrits abominables a lancé les gendarmes de la
section de recherches de Poitiers sur une enquête d’une dimension
inédite. Pas moins de 250 nouvelles victimes potentielles
ont été identifiées sur la période 1991-2014. Ce qui ferait
potentiellement de Joël Le Scouarnec le plus grand pédophile de
l’histoire française.
« 184 (victimes) ont souhaité déposer plainte, 181 étaient
mineures au moment des faits », a annoncé ce lundi le procureur de La
Rochelle, Laurent Zuchowicz. Le magistrat s’est dessaisi au profit du
parquet de Lorient au regard du nombre de victimes dans le Morbihan
(100) et le Finistère (23). Une partie vivait aussi en Indre-et-Loire à
l’époque. Autant de départements où le médecin a exercé entre 1983 et
2008 avant de s’installer à Jonzac.
«La majorité des victimes sont tombées des nues»
« Cela fait froid dans le dos, confie un enquêteur. La majorité des
victimes, trop jeunes, n’ont aucun souvenir et sont tombées des nues.
D’autres se remémorent des scènes précises. Quelques-unes n’ont pas
porté plainte pour tourner la page. »
Trois gendarmes de la SR de Poitiers, aidés de leurs collègues
bretons et indrois, ont retrouvé les anciens patients de Le Scouarnec en
comparant les noms et dates d’exactions inscrits sur les carnets
macabres avec les listings d’admission des hôpitaux. « A.B., 8 ans, 1993
», annote par exemple le chirurgien avant de décrire une masturbation
forcée. « Elle ne saura sans doute jamais qu’à l’âge de 12 ans, elle
aura été dépucelée au doigt par un homme de 50 ans », écrit-il encore au
sujet d’une autre fillette.
Le Scouarnec n’a pas encore été entendu sur ces 250 nouvelles
victimes présumées. Lors de sa garde à vue, il avait brièvement admis
qu’il était « possible » qu’il ait commis les violences évoquées dans
ses journaux intimes, sans toutefois s’en rappeler. Contacté, son avocat
Me Thibaut Kurzawa n’a pas souhaité s’exprimer à ce stade.
«Je me filmais nu avec les perruques de femmes»
Comment ce prédateur en blouse blanche est-il passé inaperçu près de
trente ans ? D’autant qu’il avait été condamné en 2005 pour détention
d’images pédopornographiques. Seule certitude : c’est sous couvert de
pratiquer des opérations bénignes telles que l’appendicite que le
chirurgien digestif avait accès à autant d’enfants. Et le pédophile
présumé n’aurait sans doute jamais été démasqué s’il n’avait pas été
dénoncé par la fille de sa voisine en avril 2017.
Ce jour-là, d’après la déposition de la jeune K., 9 ans, Le Scouarnec
se masturbe dans son jardin à Jonzac. Puis exhibe son sexe et ses
fesses à la fillette avant de lui baisser sa culotte. L’homme est alors
placé en garde à vue. Entre-temps, la fillette révèle aux enquêteurs que
le médecin lui a aussi introduit un doigt dans le vagin, ce que semble
corroborer une expertise gynécologique. L’homme nie, mais admet en
revanche des agressions sur trois autres enfants.
L’affaire prend un tournant inquiétant. Les gendarmes découvrent au
domicile du sexagénaire de nombreux contenus pédopornographiques, des
godemichés, des perruques et… 20 poupées. Dont l’une avec des chaînes
aux poignets. « (Elles servaient) à remplacer une vraie petite
fille lors d’un acte sexuel, la masturbation », raconte le médecin lors
d’un interrogatoire devant la juge d’instruction. Et d’ajouter : « Je
m’étais créé un monde où je cultivais ma solitude […]. Je me filmais nu
avec les perruques de femmes. C’est le contexte de cette sexualité peu
normale. »
Des poupées dans les bureaux de ses hôpitaux
En auditions, Joël Le Scouarnec livre des confidences sans tabou. Sur
cette attirance pour les jeunes enfants qu’il situe entre 1985 et 1986
après une dégradation de ses relations avec son épouse -unique femme de
sa vie. Avant l’ère d’Internet, le médecin satisfait ses fantasmes en
dessinant des enfants nus. Ou en lisant des textes pédophiles dénichés
dans des librairies parisiennes. Quand il ne s’adonne pas à des plaisirs
solitaires avec ses poupées, dissimulées dans les bureaux de ses
hôpitaux…
Sa rencontre avec sa nièce A.M. la même époque aurait déclenché ses
pulsions pédophiles. « Ce qui m’a troublé, c’est qu’elle était très
câline. Elle venait sur mes genoux, glisse-t-il au juge. J’ai reporté ma
sexualité sur cette petite fille. ». Le médecin jure n’avoir jamais
touché ses trois propres enfants avec qui il entretient des relations
cordiales, y compris après son incarcération.
D’après le chirurgien, ses premiers attouchements visent des
fillettes de son entourage dans les années 1980 : des nièces, des
enfants d’amis ou gardés par son épouse… Mais aussi des patients.
Reconnaissant uniquement « quatre faits » de ce type à la clinique de
Loches (Indre-et-Loire) avant la découverte de ses carnets intimes, Le
Scouarnec explique être passé à l’acte quand ses victimes « étaient
alitées », faisant passer ses agressions pour « un examen médical ».
Avant de travailler à Jonzac (photo), le chirurgien a exercé à Loches, Vannes, Quimperlé et Lorient./ABACA/Moritz Thibaud
« Mon attirance sexuelle se dirige plutôt vers les petites de 9-10
ans. C’est plus facile de séduire à cet âge-là. À partir de 12 ans, il y
a le chamboulement de la puberté, où les choses sexuelles peuvent faire
davantage plus violence. » L’enfant, poursuit-il, l’intimide beaucoup
moins que l’adulte, « plus compliqué sur le plan relationnel ». Et selon
son interprétation, tant qu’un enfant ne réagit pas, reste « inerte »,
il ne fait rien de mal… Mais quid des conséquences pour le développement
futur ?
«Habité par un sentiment de toute-puissance»
Interrogé sur son manque d’empathie pour les victimes, le chirurgien
se dépeint comme « quelqu’un de froid ». De fait, l’expertise
psychologique diligentée pendant l’instruction est accablante. Le
Scouarnec est décrit comme un être à l’intelligence supérieure et à la
personnalité « perverse », « habité par un sentiment d’impunité et de
toute-puissance ». « Il ne reconnaît pas l’autre comme un sujet mais
comme un objet sur lequel il cherche à avoir une emprise, assène
l’expert. Il prend un plaisir évident à détailler (son) parcours. La transgression est-elle même érotisée et il jubile à l’idée d’échapper à la psychiatrie. »
En prison à l’isolement, Joël Le Scouarnec, qui prévoyait d’exercer
son métier jusqu’à 68 ans, jure avoir tourné la page de la pédophilie. «
Quand je voyais un enfant dans la rue ou à la télévision, avant, la
pensée qui me venait était directement : comment il était, il ou elle,
quand il est nu. Depuis je ne les regarde plus de la même façon. Ils
sont l’innocence. J’ai souillé cette innocence », glisse-t-il lors d’un
interrogatoire.
Pour Me Francesca Satta, avocate de plusieurs victimes, le chirurgien
digestif n’a pas livré tous ses secrets. « Nous ne sommes qu’au début
d’un dossier déjà impressionnant par le volume de plaignants, observe la
pénaliste. Et la liste n’est sans doute pas exhaustive, car je suis en
contact avec des victimes qui n’apparaissent nulle part pour le moment. »
Le Dr Le Scouarnec a travaillé dans les hôpitaux de
Quimperlé (ci-dessus) et Lorient ainsi qu’à la clinique du Sacré-Coeur à
Vannes. (Le Télégramme)
L’affaire Le Scouarnec, du nom d’un chirurgien suspecté de nombreux
viols et agressions sexuelles sur de jeunes patients, a pris un nouveau
tour. En, effet, le parquet de La Rochelle s’est dessaisi d’un pan
entier de l’affaire au profit de celui de Lorient. On s’oriente donc
vers deux procès. 123 plaintes ont été déposées en Bretagne.
C’est, Laurent Zuchowicz procureur de la République à La Rochelle
qui, lundi, a annoncé ce dessaisissement dans un communiqué. « Dans le
cadre du dossier d’information judiciaire, clôturé en mars 2019, et qui
fera l’objet d’une audience courant 2020 devant la cour d’assises de la
Charente-Maritime du 13 au 17 mars (quatre cas de viols et d’agressions
sexuelles sur des enfants : une petite voisine, deux nièces et une
patiente NDLR), un certain nombre d’éléments n’ont pu être exploités
compte tenu des délais contraints de procédure, écrit le procureur. Une
enquête préliminaire distincte a dès lors été confiée à la section de
recherche de Poitiers, qui a contacté et auditionné des personnes qui
apparaissent sur différents supports retrouvés au domicile de M. Le
Scouarnec ».
Selon le procureur de la Rochelle, il ressort de ces investigations
que 250 potentielles victimes de faits « non prescrits » ont été
identifiées. Parmi lesquelles, 209 ont pu être auditionnées, plusieurs
d’entre elles faisant état de souvenirs précis. « 184 ont souhaité
déposer plainte précise Laurent Zuchowicz, 181 étaient mineures au
moment des faits, parmi lesquelles 138 sont actuellement domiciliées sur
le ressort de la cour d’appel de Rennes, dont 100 dans le Morbihan et
23 dans le Finistère ». Précisons que la cour d’appel de Rennes s’étend
également à la Loire-Atlantique et que Joël Le Scouarnec est intervenu à
plusieurs reprises à l’hôpital d’Ancenis (44) ces dernières années. Cet
établissement pourrait donc être aussi concerné par les agissements de
l’ancien chirurgien.
« Le délai d’enquête s’annonce long »
Compte tenu du résultat de ces investigations, le parquet de
la Rochelle s’est dessaisi pour les raisons suivantes : les lieux de
commission des faits, les investigations restant à conduire (recueil de
dossiers médicaux, auditions de personnels hospitaliers), mais aussi la
domiciliation des victimes.
En soirée, la procureure de Lorient Laureline Peyrefitte, expliquait
dans un communiqué que les investigations « s’attacheront notamment à
poursuivre l’identification et l’audition de l’ensemble des personnes
victimes des faits portés à la connaissance des autorités judiciaires,
et de vérifier leur réalité. Des auditions, notamment du personnel
hospitalier et des différents employeurs, des réquisitions et expertises
seront ainsi diligentées sous l’égide du parquet de Lorient, avant
d’envisager l’ouverture d’une information judiciaire. Compte tenu du
nombre de faits et de victimes potentielles recensées, le délai
d’enquête s’annonce encore long et l’ouverture d’une information
judiciaire n’est pas encore d’actualité ». Ce volet breton de l’affaire
est donc au stade de l’enquête préliminaire.
Des moyens supplémentaires demandés
La procureure de Lorient explique, qu’au regard de la tâche qui
incombe désormais au parquet de Lorient, elle a demandé des moyens
supplémentaires
Les faits concernant la Bretagne devraient donc être jugés dans
quelques mois devant la cour d’assises de Vannes. Y compris ceux qui
auraient pu être commis à l’hôpital de Quimperlé, ville qui se trouve
dans le Finistère.
« C’est une bonne nouvelle commentait hier une jeune Morbihannaise
qui a porté plainte. On s’oriente vers un procès qui durera très
longtemps. Moralement ça va être très difficile. J’ai l’intention
d’assister aux audiences. Je compte sur le soutien de ma famille que je
pourrai revoir, tous les soirs, en rentrant chez moi. ».
Le docteur Le Scouarnec a travaillé dans les hôpitaux de Quimperlé (ci-dessus), Lorient et Vannes. (Archives Le Télégramme)
L’affaire Le Scouarnec, si les faits sont attestés,
restera sans nul doute, une des plus importantes affaires de pédophilie
en France. En effet, pas moins de 250 victimes ont été identifiées, la
plupart en Bretagne.
Mai 2017, Joël Le Scouarnec, chirurgien né à Paris en 1950, est mis
en examen et placé en détention provisoire à Saintes, dans le cadre
d’une affaire de viol et d’agression sexuelle. Faits qui auraient été
commis à Jonzac (Charente Maritime) sur sa voisine de 7 ans. Suite au
témoignage de la fillette, une perquisition sera menée au domicile du
médecin. Les gendarmes trouveront à son domicile plusieurs carnets sur
lesquels le praticien, spécialisé dans la chirurgie digestive, aurait
noté avec force détails des actes d’agressions sexuelles,
d’attouchements et de viols, commis, depuis les années 90, dans le cadre
de ses activités de chirurgien dans plusieurs établissements
hospitaliers. À Loches, en Indre et Loire, à Jonzac, mais aussi dans les
hôpitaux de Lorient et Quimperlé ainsi qu’à la clinique du Sacré-Coeur à
Vannes.
Les enquêteurs retrouvent sur ces journaux intimes sordides les noms
de quelque 200 enfants accompagnés de détails scabreux. Pour son avocat,
Me Thibault Kurzawa du barreau de Saintes, il s’agirait de
fantasmes. Outre ces carnets, les gendarmes découvrent le même jour
nombre d’éléments troublants au domicile du chirurgien : des perruques,
des poupées gonflables et des objets sexuels cachés sous le parquet.
Dans les mois qui suivent, munis des carnets du chirurgien, les
gendarmes mènent l’enquête, contactant les anciennes victimes présumées
de Joël Le Scouarnec. De la Charente Maritime, les investigations se
poursuivent en Bretagne où la majorité des délits et crimes imputés à
l’ancien chirurgien, semblent avoir été commis.
En août dernier, Sabine (*), une jeune femme qui réside près de
Vannes, raconte au Télégramme qu’elle a été convoquée par la
gendarmerie, son nom étant inscrit sur un des carnets. « Dès que j’ai vu
le visage du médecin sur une photo, j’ai su pourquoi j’étais là.
J’avais 11 ans à l’époque, j’avais été hospitalisée pour une péritonite.
J’y suis restée dix jours. À plusieurs reprises, j’ai été victime des
agissements du docteur Le Scouarnec. Je les qualifie de viols ». Ces
témoignages, qui font froid dans le dos, les enquêteurs en recueilleront
des dizaines et des dizaines.
Le temps passant, on apprendra que Joël Le Scouarnec, père de trois
enfants, avait été condamné à quatre mois de prison avec sursis pour
détention d’images pédopornographiques par le TGI de Vannes le
17 novembre 2005.
Fin août, le Conseil de l’Ordre des médecins du Morbihan nous
confiait qu’il n’avait jamais été informé de cette condamnation. Dans le
Finistère – département également concerné, le chirurgien ayant officié
à Quimperlé – en revanche, le Conseil avait eu vent de cette
condamnation. Le 6 juin 2006, l’Ordre s’était rapproché du greffe du TGI
de Vannes pour obtenir une copie du jugement. Cette copie ne lui était
parvenue que le 9 novembre 2006, après plusieurs relances. Dans la
foulée, le président de l’Ordre en avait informé la DDASS dont
dépendaient les médecins hospitaliers. Organisme de tutelle, qui aurait
pu suspendre le praticien, oud u moins l’écarter des patients mineurs et
qui ne l’a pas fait.